Le borsalino en permanence vissé sur la tête, le costume porté avec élégance : avec Nicolas Levi, c’est un peu de French Touch
rétro et de romantisme à la française qui s’insuffle sur le circuit
professionnel du poker. Mais le Londonien de 25 ans n’est pas qu’une
silhouette immédiatement reconnaissable autour des tables de poker du
monde entier, c’est aussi et surtout un joueur de talent, pur produit
de la nouvelle génération, dont le passage au statut de joueur
professionnel n’a rien eu d’un coup de poker insensé.
Sa rencontre avec les cartes, Nicolas l’a effectuée par hasard, il y a
quatre ans, durant ses études d’informatiques en Angleterre. Sur
l’écran de son ordinateur, Nicolas a découvert un jeu « totalement
différent, mélange de psychologie et de mathématiques. Dès la première
main, j’ai senti que c’était un jeu pour moi. Battre le hasard, voilà
un défi qui me semblait passionnant ! » Un peu intimidé à l’idée de
rentrer dans un casino, c’est sur Internet que Nicolas a commencé à
jouer au Texas Hold’Em, d’abord avec de l’argent fictif (« Play
Money »), puis, deux semaines plus tard, avec du vrai argent. Mais
attention : avec son budget limité pas question pour l’étudiant qu’il
était alors d’y perdre sa chemise : « Je n’ai investi que 15 euros,
pour jouer aux tables les moins chères. » De fil en aiguille,
« CrocMonsieur » (son pseudo en ligne, un sobriquet « qui ne se prend
pas au sérieux », et qui sonne « à la fois français et international »)
progresse doucement, lit des livres, et fait grimper les enchères à
mesure que son niveau augmente. « Le poker en ligne est idéal pour
progresser », explique Nicolas : « on joue beaucoup de mains, on se
concentre d’abord sur l’analyse logique et les mathématiques. »
Deux ans après sa première partie sur Internet, Nicolas a fait du poker
son métier. Nous sommes en 2006 et après plusieurs milliers de parties
virtuelles (qui se sont soldées par des gains, eux, bien réels),
Nicolas est prêt à se lancer dans le circuit professionnel des tournois
« live ». De Paris à Goa en passant par St Kitts, Las Vegas et Dortmund
(où il atteindra sa première table finale majeure), Nicolas s’adapte
très vite aux particularités du jeu en casino et enchaîne les bons
résultats. « C’est durant cette période que mon jeu est arrivé à
maturité », commente t-il.
En septembre 2007, Nicolas Levi est repéré par Winamax. C’est le début
d’une nouvelle aventure au sein du Team, alors tout juste constitué. Avec les autres membres du team, Nicolas forme « une équipe soudée, où l’on se pousse
mutuellement vers le haut, en discutant de stratégie et en échangeant
nos points de vue. » Une volonté de pédagogie qui se déploie dans de
multiples domaines : quand il n’est pas en train de jouer sur Winamax
ou autour des tables du circuit international, Nicolas commente le
poker à la télévision, anime un blog avec son collègue du Team Arnaud
Mattern,
et participe aux discussions enfiévrées des passionnés sur les forums.
Une manière de ne pas perdre de vue que le poker est « un jeu
d’adaptation avant tout : il faut sans cesse trouver de nouvelles
stratégies pour faire face aux nouvelles tendances. »
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